Appel à contribution

Soumettre une proposition

Dans la foulée de la crise économique de 2008, de nouvelles forces de contestation ont émergé: du Printemps Arabe à Occupy Wall Street en passant par les contestations étudiantes et les vagues de grèves générales, sans oublier la montée de nouveaux partis de gauche, la domination de l’économie capitaliste a été remise en question à de nombreuses reprises. Afin de passer des multiples résistances à une offensive convergente, il paraît impératif d’élaborer un véritable projet de transition hors du capitalisme, en s’appuyant sur les savoirs critiques produits tant à l’université que dans les mouvements sociaux. La convergence internationale La Grande Transition: préparer la société après le capitalisme invite donc les citoyens-nes de divers horizons, qu’ils soient activistes, syndicalistes, membres actifs d’un parti politique, étudiant-e-s, chercheurs-ses ou professeurs à réfléchir à cette question depuis trois axes principaux : les critiques du capitalisme, les stratégies de transition anticapitalistes et les modèles post-capitalistes.

Cette rencontre vise à renforcer les liens entre les universitaires et militant-e-s anticapitalistes, mais aussi entre les milieux anglophones et francophones. Il s’agira également de promouvoir les idées anticapitalistes en veillant à les introduire à un public non-initié, mais curieux. Enfin, cet événement permettra de renforcer les réseaux militants afin de dynamiser leurs luttes.

1 – Critiques du capitalisme

Vendredi le 18 mai – Voir la liste des sous-thèmes
Ce thème se penchera sur les différentes composantes de l’économie capitaliste – l’endettement et l’épargne, les classes sociales, le contrôle des investissements, etc. – et retracera leur évolution des débuts du capitalisme à aujourd’hui. Quels changements ont suivi la transition de la propriété et à la corporation dans les entreprises ? Comment le néolibéralisme s’est-il reconfiguré suite à la crise de 2008 ?
Ce thème vise à mieux comprendre la diversité des oppressions et des résistances qui traversent notre monde, ainsi que les liens entre ces différentes oppressions et l’évolution du capitalisme. Comment une lecture intersectionnelle peut-elle contribuer à une réappropriation de l’économie ? L’anticapitalisme est-il un principe fédérateur des autres luttes ou ces dernières répondent-elles à d’autres logiques ?
Ce thème se penchera sur les différentes formes de violence impérialistes et colonialistes ainsi que sur les rapports que ces dernières entretiennent avec l’expansion mondiale du capitalisme. Comment les rapports impérialistes structurent-ils notre monde aujourd’hui ? Comment les lectures décoloniales peuvent-elles inspirer nos critiques du capitalisme et nos stratégies d’émancipation ?
Ce thème vise à mieux comprendre les liens entre crises écologiques et accumulation capitaliste, ainsi que les rapprochements possibles entre luttes écologistes et anticapitalistes. Comment dépasser le développement durable et le capitalisme vert ? Quels outils sont à notre disposition pour radicaliser la critique environnementale du capitalisme
Ce thème se penchera sur les philosophies de l’émancipation et sur les enjeux philosophiques qui entourent la critique et les luttes anticapitalistes. Comment réfléchir à l’émancipation aujourd’hui ? Quels outils philosophiques pouvons-nous mobiliser dans notre critique du capitalisme et dans la recherche de modèles sociaux alternatifs ?

Dans le premier axe, nous aborderons les savoirs favorisant une emprise critique sur le capitalisme, en posant entre autres les question suivantes : Qu’est-ce que le capitalisme exactement ? Quelles sont ses origines et les grandes phases de son histoire ? Quelles sont ses récentes transformations suite à la crise de 2008 ? Mais également, il nous faudra détailler avec quoi il interagit dans la société et au sein de notre habitat naturel : Comment comprendre les rapports entre les sexes, la discrimination raciale et les enjeux de classe ? Quelles sont les situations d’oppression spécifiques et irréductibles ? Quels sont les moments où ses formes de domination se combinent le plus puissamment ? Quels sont les leviers de pouvoir de l’impérialisme et du colonialisme aujourd’hui ? Quelles sont, dans les mécanismes de la production capitaliste, les causes profondes de la crise écologique ? Le capitalisme peut-il réellement devenir « vert » ? Enfin, il faudra se pencher sur les discours critiques dans une visée réflexive : quelles sont les philosophies critiques contemporaines susceptibles de nous aider à comprendre et à combattre le capitalisme et sa logique ? Voici quelques unes des questions qui animeront la première journée d’échanges.

2 – Stratégies de transition

Samedi 19 mai – Voir la liste de sous-thèmes
Ce thème vise à mieux comprendre à la fois les avancées de l’offensive néolibérale et la montée des droites populistes et de l’extrême-droite depuis quelques décennies, tout en réfléchissant aux manières de combattre ces deux tendances. Quels sont les liens et tensions entre les différents mouvements de droite ? Qu’est-ce que leur expansion nous apprend sur l’état des forces de gauche aujourd’hui ? Est-ce que des notions telles que le populisme sont pertinentes pour la gauche aujourd’hui ? Quelles stratégies adopter pour faire face à la fois aux néolibéraux et aux réactionnaires?
Ce thème se penchera sur les stratégies pour affronter l’État néolibéral : quelle place les élections peuvent prendre dans un processus d’émancipation ? Quel est l’état des partis et gouvernements de gauche en Europe et en Amérique Latine de nos jours ? Quels liens peuvent être entretenus entre les partis politiques et les mouvements sociaux ?
Ce thème se penchera sur la question des mouvements sociaux et de leur rôle dans la transition vers une société émancipée. Que signifierait une relance du syndicalisme aujourd’hui ? Une convergence des différents fronts de lutte (économique, politique, sociale) et des différents secteurs (communautaire, antiraciste, écologiste, etc.) est-elle envisageable?
Ce thème portera sur les différentes initiatives économiques alternatives, qui se proposent de sortir l’économie du carcan capitaliste en faisant vivre des innovations émancipatrices. Comment l’économie sociale peut s’inscrire dans un horizon anticapitaliste et émancipateur ? Comment se (ré)approprier le travail, l’entreprise, les transactions, la finance et la propriété? Comment bâtir des milieux de vie profondément démocratiques, écologiques et dans lesquels il fait bon vivre?
Construire une contre-hégémonie – discours critiques, imageries de la résistance et pédagogie populaire : Ce thème se penchera sur les stratégies pour assurer la diffusion de nos idées et de notre vision du monde. Quel rapport entretenir aux médias, aux arts et à l’éducation ? Comment les pratiques anticapitalistes et les horizons émancipateurs peuvent être promus face aux discours hégémoniques ?

Le deuxième axe de la conférence se propose de réfléchir aux tactiques et aux stratégies qui permettent à la gauche anticapitaliste de gagner en puissance. Comment mener des luttes efficaces et s’imposer face à nos adversaires néolibéraux ou populistes réactionnaires ? Comment investir la sphère économique et les institutions politiques pour y insuffler nos principes ? Quel rôle les partis politiques peuvent-ils jouer pour stimuler et rassembler les mobilisations sociales et les relier à un programme politique de transition anti-capitaliste ? Comment les partis et les mouvements peuvent-ils créer des espaces de réflexion stratégique pour nos luttes ? Comment cartographier les alternatives économiques ? Quelle place doivent occuper les mouvements sociaux et l’éducation populaire dans l’accroissement de notre capacité d’agir et la diffusion de nos idées ? Autant de questions qui sont abordées à travers les cinq thèmes qui composent cet axe.

3 – Modèles post-capitalistes

Dimanche le 20 mai- Voir la liste des sous-thèmes
Ce thème se propose de réfléchir aux différentes luttes et expériences passées qui ont tenté de poser une alternative concrète au capitalisme. Quel bilan retenir des luttes conseillistes, de l’épisode soviétique, des mouvements décoloniaux, des expériences autogestionnaires dans la foulée de Mai 68 et des soulèvements populaires en Amérique Latine ?
Ce thème se penchera sur les utopies et les modèles proposés comme alternatives au capitalisme, avec les différentes questions qui les entourent. L’éco-territorialisme et les communs représentent-ils une voie d’émancipation stimulante à large échelle ? Comment les expériences participatives et l’écoféminisme peuvent inspirer nos réflexions sur une société émancipée ?

Le troisième axe se penchera sur les tentatives de sortie du capitalisme en développant une perspective historique autant qu’un regard critique sur les voies d’avenir. Nous tenterons de tirer les leçons des moments charnières des deux derniers siècles : Quel bilan tirer des premières utopies socialistes, des luttes conseillistes, de l’épisode soviétique, des expériences autogestionnaires dans la foulée de Mai 68 ? Mais nous réfléchirons également aux utopies et aux modèles qui cherchent en ce moment même à rompre avec la logique capitaliste. À ce titre, nous nous demanderons : Comment réconcilier l’amélioration des conditions de vie et les limites de la Terre ? Comment équilibrer démocratie et liberté, planification et marché ? Les communs représentent-ils une voie d’émancipation porteuse à grande échelle ? Comment les expériences participatives et l’écoféminisme peuvent-ils inspirer nos réflexions sur une société émancipée ? Les villes peuvent-elles constituer le pivot d’une transformation sociale radicale ?

Politique éditoriale

La politique éditoriale définit les critères qui guident le comité éditorial dans la planification du contenu et la sélection des propositions de contributions soumises au collectif.

Le comité éditorial se réserve les droits suivants :

  1. De solliciter, d’accepter ou de refuser des propositions en fonction des critères établis ci-dessous. Dans le cas d’un refus, les auteurs de la proposition recevront un courriel spécifiant brièvement les raisons du refus;
  2. En cas d’un nombre trop important de propositions reçues et conformes aux critères, le comité éditorial se réserve le droit de rejeter certaines propositions en fonction des objectifs et des priorités du colloque.
  3. Fusionner des propositions similaires, en collaboration avec les intervenant-e-s;
  4. Suggérer aux auteur-e-s une réorientation du contenu proposé;
  5. Établir l’horaire et la localisation des ateliers.

Objectifs de la conférence
La planification du contenu doit garder à l’esprit les trois objectifs principaux de la conférence:

  1. Promouvoir les idées anticapitalistes au Québec
  2. Renforcer les liens entre les mouvements populaires et le réseau militant anticapitaliste en Amérique du Nord
  3. Renforcer les liens entre universitaires et militants des milieux francophones et anglophones en Amérique du Nord

Critères de sélection des propositions soumises par les participant-e-s :
Chaque personne intéressée à soumettre une proposition est invitée à sélectionner l’axe et le thème appropriés pour leur intervention ou leur panel. Il y a trois formes de participation possible qui peuvent être soumises au Comité Éditorial :

  1. Proposer un panel complet qui correspond à un sous-thème identifié par le comité éditorial.
  2. Proposer une présentation individuelle qui s’inscrit dans un sous-thème identifié par le comité éditorial.
  3. Proposer une nouvelle activité (présentation individuelle ou un panel complet) qui est lié à un thème, mais pas nécessairement à un sous-thème.

Dans le cas d’une nouvelle activité proposée, la proposition doit préciser le thème et l’axe auxquels la nouvelle activité appartient, ainsi que le nom de la nouvelle activité. La description des propositions individuelles devraient contenir entre 150 à 300 mots et celle des panels complets entre 200 à 600 mots, en spécifiant la nature de l’intervention pour chaque participant-e. Les propositions devraient également suivre ces critères :

  1. La proposition a été soumise dans les délais fixés et avec toutes les informations exigées;
  2. La proposition aborde un ou plusieurs enjeux soulevés dans les descriptifs d’un des trois axes (critique, stratégie, post-capitalisme);
  3. La proposition possède un contenu suffisamment général pour être susceptible d’intéresser un public large (plus de 30 personnes environ, provenant des milieux académiques ou non);
  4. La proposition possède un contenu qui n’est pas déjà couvert par un autre panel. Le cas subséquent, le comité éditorial se réserve le droit de suggérer une formule permettant une fusion entre plusieurs panels similaires.
  5. La proposition favorise une parité hommes-femmes dans la prise de parole des principaux intervenants (minimum une femme par panel de deux intervenants ou plus).
  6. Les propositions concernant des débats politiques contemporains ou ayant une importance stratégique dans le contexte d’aujourd’hui seront favorisées.
  7. Les propositions qui intègrent des militant-e-s actifs sur le sujet seront favorisées.

Constitution de l’horaire
Dans la constitution de l’horaire général, le comité éditorial doit:

  1. Voir à ce qu’une portion importante du contenu dans l’horaire d’ensemble soit accessible au public unilingue francophone, afin de favoriser l’atteinte de l’objectif d’éducation populaire de la conférence.
  2. Voir à une représentation adéquate des minorités visibles dans l’horaire d’ensemble.
  3. Voir à la parité de genre dans l’horaire d’ensemble.

Date limite: 15 novembre 2017

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